Lyes Karzazi, président de l’Union des Habitants de Plaisance : un quartier « facile à vivre »

Rencontre avec Lyes Karzazi, 22 ans, président de l’Union des Habitants de Plaisance, association créée en janvier 2004.

 

C’est sur le local de l’Union des Habitants de Plaisance (UHP) à Orvault, qu’Ador et Semor réaliseront une fresque, du 10 au 13 juillet. « C’est une proposition de la Ville et d’Atlantique Habitations. On a dit oui ! », explique Lyes Karzazi, président de l’UHP depuis mars. Pour lui, « c’est une opportunité pour faire de l’animation et faire participer les jeunes, pour qu’ils découvrent autre chose. C’est hyper intéressant. ».

Pas vraiment fan de graff, Lyes trouve cependant que « c’est agréable à voir ». Sur la fresque, il aimerait retrouver «l’identité de Plaisance. Ce serait bien que les habitants se reconnaissent, qu’ils soient identifiés. » En attendant, lui et son équipe communiquent sur « Parade, Balade et Distorsion » auprès des habitants et distribuent des flyers. Le reste du temps, Lyes, par ailleurs téléconseiller à la SNCF, s’occupe de l’UHP sans compter ses heures.

« On répond à un besoin »

Créée en janvier 2004 par six habitants du quartier, l’association compte aujourd’hui 134 adhérents et sympathisants pour une vingtaine de bénévoles : « Il n’y avait pas d’autre association dans le quartier, uniquement le Centre Socio-Culturel. On répond à un besoin. Au départ, on n’avait pas de lieu, on se réunissait chez les uns et les autres. Puis un local a été mis à notre disposition par le bailleur. Désormais les habitants ont identifié l’association. Les objectifs, c’est de créer du lien social sur le quartier, de mettre en avant les initiatives des habitants, de porter leur parole. Les deux mots, c’est convivialité et solidarité », poursuit Lyes, auparavant membre du Conseil Communal des Jeunes et administrateur du Centre Socio-Culturel pendant deux ans.
C’est donc désormais au 8 allée du Thouët que les habitants, majoritairement âgés de 19 à 50 ans, se retrouvent et discutent. C’est là aussi que se tient la « micro-ressourcerie » mise en place par l’UHP. « On récupère des choses en bon état, réutilisables. On ne retape pas tout, seulement des petites choses. C’est un gros boulot, on fait participer les gens du quartier. On a récolté 6 tonnes en 2016 ! Une adhésion de 5 euros est demandée quand les gens viennent chercher un meuble ou autre chose, ce n’est pas gratuit », précise le président de l’association.

Du temps et de l’investissement

Le 28 juin, pour la fête des HLM, l’UHP complètera son offre en lançant une « outilthèque ». « L’idée c’est de prêter des outils aux habitants, pour des travaux de peinture et de bricolage. Au départ, ce sera du matériel à utiliser sur place. Les gens pourront venir bricoler ici. » Une belle initiative qui devrait réjouir les adhérents. « Les habitants se sont vraiment appropriés le lieu. Certains souffrent, ils ne se sentent pas assez écoutés, ils se trouvent isolés. Il n’y a pas assez de reconnaissance, alors on aide, on met en relation, on fait le lien. Ça prend du temps, ça demande beaucoup d’investissement », ajoute Lyes qui travaille pour l’association chez lui, dimanches et jours fériés compris.
« C’est un sacré boulot. On demande en permanence un salarié pour gérer la vie quotidienne de l’association. Ça nous enlèverait un poids. Mais on donne notre temps car on sait que c’est important. À côté de ça, on gueule pour avoir des emplois. Ici l’aide sociale c’est trop long, il n’y a pas d’avancées. Plaisance, on a l’impression que c’est un endroit que l’on cache à Orvault. La Ville n’est pas assez présente, mais on dialogue, on arrive à travailler ensemble, les échanges sont constructifs. C’est pas pour autant qu’on n’est pas bien ici….Il y en a qui sont là toute leur vie ».

«On s’entraide beaucoup »

Pour sa part, Yles, 22 ans, habite à Plaisance depuis qu’il est né. Un quartier reconnu prioritaire, « facile à vivre », dit t-il. « On s’entraide beaucoup. Il y a une multiculturalité hyper importante. Ici toutes les nationalités ou presque sont représentées, il y a de tout. C’est ce qui fait le point fort du quartier. » Ces dernières années, le jeune homme a observé une certaine évolution : « il y a eu un gros turnover. Des gens sont partis, notamment des anciens, et beaucoup de nouveaux sont arrivés. Ce sont des familles déplacées de quartiers en quartiers. ».
Des logements sociaux ont également été réhabilités, qui ont permis la rénovation de quatre immeubles. Du côté des commerces, rien n’a changé : « il y a quasiment tout ce qu’il faut, et il y a le tram. Il manque juste des boucheries halal, ça ne s’est pas développé. C’est le seul quartier où il faut bouger pour manger halal. Les habitants ont beaucoup réclamé », souligne Yles, qui ne cesse de se battre pour eux, « et pour les jeunes car ils sont pas assez écoutés ». Un bel exemple d’engagement !

L’UHP est ouverte le lundi et le vendredi, de 10 h à 12 h et de 14 h 30 à 17 h. Rencontre avec l’équipe de « Parade, Balade et Distorsion » le mercredi 28 juin, de 18 h à 20 h, à l’UHP.

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