Ador et Semor interviewés par des jeunes

 

À l’occasion d’un stage à l’Agence Départementale de la Prévention Spécialisée, quatre jeunes du collège Allende ont préparé des questions et interviewé Ador et Semor.

 

Comment avez-vous trouvé votre pseudonyme ?

Ador : je voulais que ça ressemble à un prénom, que ce soit assez doux et coloré, assez positif et enfantin. Je n’ai pas fait exprès que ça rime avec Semor parce que l’on a choisi nos pseudos avant de se connaître. Du coup, c’est peut-être un signe puisque ça rime.
Semor : c’est un mélange de jeux de mots et d’expressions. Chacun est libre de le lire dans le sens qu’il le souhaite.

Depuis combien de temps vous connaissez-vous ?
Ador : ça fait peut-être dix ans que l’on se connaît. Ça fait sept-huit ans qu’on travaille vraiment ensemble. Et ça fait deux -trois ans qu’on en vit vraiment, qu’on est très impliqués. Du coup, c’est vraiment notre boulot à plein temps. On travaille indépendamment et ensemble.
Semor : on s’est rencontrés il y a à peu près 15 ans. On a pas mal dessiné. Au début, on travaillait chacun de notre côté mais on se captait souvent. Et puis au bout d’un moment, ça s’est resserré de plus en plus puisqu’on a commencé à peindre régulièrement ensemble et à monter des projets. Et ça s’est fait comme ça, un peu naturellement.

Etes-vous Nantais ?
Ador : oui. J’ai vécu un peu à droite à gauche, mais j’ai grandi à Nantes.
Semor : oui, je suis né à Nantes.

Combien de fresques avec vous fait ? Et où ?
Ador : combien, je ne me suis jamais posé la question, même un ordre d’idée, peut-être une cinquantaine par an. Où ? Beaucoup à Nantes, Paris, Normandie, Bretagne, Bordeaux, Lyon. À l’étranger aussi : Londres, Manchester, Black Pool, Bratislava, Inde, Canada, États-Unis, Chine, Belgique, Grèce, Espagne, Portugal, Luxembourg.
Semor : je suis incapable de donner un chiffre. Ça fait 10 ans que je pratique vraiment régulièrement, mais je ne peux vraiment pas donner de chiffre. Où ? C’est très mobile quand on peint, ça peut être un peu partout en France, à l’étranger. J’ai surtout beaucoup peint à Nantes et dans la périphérie.

Quelle est celle que vous préférez ?
Ador : c’est le contexte qui fait que ça me plaît plus. Il y en a une qui m’a particulièrement amusé parce qu’on avait des retours vraiment particuliers des gens et du public. C’était à San Francisco dans un quartier populaire avec Semor, on a eu des retours de gens vraiment particuliers parce que c’était très populaire, avec des gens qui avaient pas mal de soucis. En Inde aussi c’était bien particulier. Celle qui m’a le plus plu, ce n’est pas l’image c’est le contexte.
Semor : je ne sais pas si je peux vraiment parler de peinture que je préfère. Je dirai plus qu’il y a des peintures qui m’ont marqué par rapport aux moments qu’on a passés, par rapport aux rencontres, les gens qui sont venus, les discussions, les amis qui étaient là. C’est plus des bons moments passés que des peintures en particulier.

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Comment et pourquoi avez-vous fait ce métier ?
Ador : j’ai toujours dessiné, depuis la maternelle. Et au début, je ne voulais pas que l’argent dénature mon envie, donc je ne voulais pas gagner de l’argent avec ça. Mais en fait, j’ai envie de ne faire que ça. Si l’argent existait pas, je le ferai quand même. Petit, je ne voulais pas que ce soit mon métier mais finalement il n’y a que ça qui m’intéresse.
Semor : c’est venu petit à petit. Je n’étais pas du tout déterminé à faire ça dès le début. Mais ça s’est fait naturellement.

Quels sont les horaires ? Est ce que vous travaillez tous les jours ?
Ador : c’est moi qui m’impose mon rythme, donc c’est quand j’ai envie et j’ai souvent envie donc, presque tous les jours. Personne ne ne demande rien et c’est toujours spontané. C’est quand même chronique, hyper souvent.
Semor : il n’y pas vraiment d’horaires. Il y a une recherche et il y a une veille de fond qui est tout le temps là. J’essaye un maximum de me caler à travailler tôt le matin mais ça déborde aussi tard le soir. C’est vraiment irrégulier. Des fois je peux avoir une semaine très classique, des fois ça peut être complètement décousu. Il n’y a pas vraiment de règle pour ça.

Comment trouvez-vous les idées ? Est-ce que vous avez des modèles ?
Ador : je regarde plein de choses, BD, illustrations, films, les gens dans la rue, dans le tram, et je cherche tout le temps. Si je ne fais pas de peinture, je fais des petits croquis, des petites recherches. Du coup, naturellement il y a des trucs qui viennent.
Semor : je regarde beaucoup ce qui se fait, ce qui a été fait avant, ce qui se fait actuellement. Après ça vient de discussions, de vécu, c’est plein de petites choses que je prélève à droite à gauche. Ensuite quand on se combine, c’est suite à des discussions, des choses marquantes, des petits messages subversifs que l’on veut faire passer.

Combien êtes-vous payés ?
Ador : si l’argent n’existait pas, je le ferai quand même. Le prix, ça dépend des projets en fait. Je travaille avec des galeries, des festivals, là c’est un projet que nous on a monté. C’est souvent eux qui fixent les prix, du coup ça me permet de ne pas trop me poser la question de l’argent et je croise les doigts, j’aimerais bien que ça continue comme ça, que je puisse continuer à vivre sans dépenser plus quand j’en gagne plus et en gagnant assez régulièrement. J’aimerais bien que ça se passe assez naturellement. L’idée, ce serait d’en gagner régulièrement pour continuer à vivre à ce rythme là, pas plus pas moins.
Semor : c’est vraiment irrégulier, je ne peux pas donner de chiffre précis. Je dirai plus que ça bouge selon la demande, selon le nombre de projets que l’on monte et selon le travail fourni. Parfois on travaille à fond trois mois non stop, et d’autres fois il y a trois mois de creux donc a beaucoup plus de temps pour les recherches et pour faire des breaks aussi.

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