Lydia Daka, vice-présidente de l’UHP : « la richesse du quartier, c’est la mixité sociale »

 

Rencontre avec Lydia Daka, vice-présidente de l’Union des Habitants de Plaisance et membre fondatrice de l’association.

 

Lydia Daka, vice-présidente de l’Union des Habitants de Plaisance (UHP), est une figure bien connue à Orvault Plaisance. « J’y habite depuis 2004. Avant j’étais à Bout des Landes. Je suis originaire de Mayotte. J’y suis née et j’y ai vécu jusqu’à mes 15 ans. Puis je suis arrivée en France. J’y suis retournée en 2016, ça faisait 33 ans… J’ai eu un choc. J’ai quitté une petite île sauvage et là c’est vraiment devenu un département d’outre-mer. Il y a eu beaucoup de changements », raconte t-elle.
Après un bac pro au lycée Leloup-Bouhier et des études de comptabilité-gestion, Lydia travaille en prévention spécialisée de 2000 à 2008. Elle découvre ainsi différents quartiers de Nantes : Boissière, Bottière, Bellevue, Bout des Landes, Malakoff, Tortière, Rezé Ragon… « Je travaillais au coeur des quartiers. J’aime le contact avec les habitants », souligne t-elle.

« Créer du lien »

Après un passage par SOS Femmes, elle est aujourd’hui secrétaire dans le social, à Rezé. Parallèlement, après son travail, elle donne beaucoup de son temps à l’UHP, notamment les lundis et vendredis après-midi. « J’ai participé à la création de l’UHP. L’objectif au départ, c’était juste de créer du lien mais on s’est éloignés de cet objectif. On répond à un besoin mais on ne peut pas répondre à toute la misère, à toutes les difficultés », observe t-elle.
Et de citer le travail que nécessite l’association : les fêtes à préparer, la micro-ressourcerie à gérer, les réunions entre bénévoles, la comptabilité à tenir, les demandes de subventions… « Ce n’est pas évident dans un quartier aussi difficile. Les jeunes ne trouvent pas leur place », glisse t-elle. Forte de son expérience dans les quartiers nantais, Lydia voit aussi la différence : « à Nantes, la parole des habitants est entendue, les associations sont soutenues, les politiques travaillent avec elles. A Plaisance, on est résignés. On se sent dominés sans avoir les moyens de se bouger, même si on participe à la vie du quartier. Mais ici, tout le monde est mis dans le même panier. »

« Des gens de valeur »

Lydia déplore un « manque de respect citoyen » et considère que « la richesse du quartier, c’est la mixité sociale » : « il faut tenir compte de la culture de chacun. La cohabitation n’est pas évidente entre les jeunes et les personnes âgées, ceux qui n’ont pas d’animaux et ceux qui en ont. » Pour autant, elle rappelle qu’« il y a des gens de valeur au coeur du quartier, même ceux qui sont cassés par la vie. Il y a une solidarité, une entraide. »
Pour elle, la fresque peinte par Ador et Semor sur le local de l’UHP est donc une heureuse initiative : « c’est bien, on découvre une autre façon de mettre en valeur le quartier, on parle de nous. Et puis ça va embellir ! » Il ne reste plus qu’à attendre l’inauguration, jeudi 13 juillet de 18 h à 19 h !

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