Chez Olga, « on vient pour l’ambiance »

 

 

Du lundi au vendredi, des anciens de la Petite Sensive viennent déjeuner « chez Olga », du nom de la fondatrice de ce restaurant social. L’équipe de « Parade, Balade et Distorsion » était au rendez-vous !

L’équipe de « Parade, Balade et Distorsion » a été accueillie au Centre d’Action de la Petite Sensive (CAPS) que les anciens du quartier appellent tous « Chez Olga », du nom de sa fondatrice, aujourd’hui disparue.

Du lundi au vendredi, ce sont désormais ses deux filles, Christine et Claude, qui accueillent bénévolement les personnes âgées et leur servent de bons petits plats ! « Les filles d’Olga continuent, c’est une histoire de famille depuis plus de 50 ans, la tradition se perpétue. Ce restaurant, c’est vraiment le symbole du don », considère Françoise Grellier, référente dans le quartier, chargée de coordonner les actions de proximité .

Ce jour-là, comme chaque jeudi, une soixantaine d’anciens se régalent avec un steak de cheval servi avec des frites en quantité ! « On vient pour manger des frites, c’est là où il y a le plus de monde », rigole Georgette assise à côté de Reine, son amie de longue date. « Le vendredi, c’est poisson ! », précise celle-ci.

« On se connaît tous de vue »

« Chez Olga, c’est aussi l’occasion de rencontrer d’autres personnes. Il y a longtemps qu’on vient ici. C’est très bon ce qu’on mange, et puis il y a du monde. On vient pour l’ambiance, on mange et puis on dit au revoir ! On se connaît tous de vue », ajoute Reine, née en 1931 et arrivée à la Petite Sensive pendant les événements de mai 1968.

« Ça fait plus de plus de 50 ans que je vis dans le quartier. Je venais de Paris, c’était en plein mai 1968. Il n’y avait pas de train, il n’y avait rien. Je me souviens des manifestations, je ne comprenais pas très bien. Il y a des choses qui étaient bien, mais pas tout », estime t-elle.

À cette époque, elle travaille alors au garage Simca : «j’entretenais le garage et les bureaux. J’étais aussi employée de maison, j’élevais des enfants ». Du quartier, elle se souvient encore parfaitement des baraquements, situés au Chêne des Anglais : « ils ont été bien refaits. C’est l’abbé Pierre qui a lancé ça. Il y avait surtout des familles. »

Reine garde aussi en mémoire l’arrivée du tramway dans le quartier : « ça a été vécu comme un progrès.» « On a une carte, on utilise souvent le tram », précise Georgette, née en 1932. « J’habite à la Petite Sensive depuis 1961. Avant, j’étais à Nantes, rue de l’Hermitage. Je me suis mariée à Sainte-Anne. J’allais à l’école des Garennes, je faisais du basket. Mon petit frère lui, s’amusait à glisser sur la rampe de la butte. À l’époque, mon travail c’était de scier du bois pour faire des caisses pour le marchand de vin », raconte-elle.

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«On vit notre petite vie »

Depuis, Reine et Georgette ont trouvé leurs marques à la Petite Sensive. « On participe aux petits déjeuners du Centre Social, une fois par mois, le mercredi. On vient chez Olga tous les jeudis. On vit notre petite vie, on fait nos courses, on reste chez nous, on regarde la télé, on lit le journal, on va au marché à Pont du Sens. »

Les deux déplorent cependant une « évolution du quartier dans le mauvais sens » : « au début, c’était bien, il y avait des parterres de belles roses, mais maintenant rien n’est entretenu. C’était propre, maintenant c’est délaissé. L’herbe pousse, c’est sale. » Pour autant, les deux « aiment bien » leur quartier.

Un quartier où les taux de chômage et de pauvreté sont élevés, explique Brigitte Lechat, conseillère sociale à Nantes Métropole Habitat. Son rôle : « accompagner les locataires en difficulté à Nantes Nord et à la Petite Sensive. L’objectif, c’est d’aider à ce que les gens se sentent mieux dans leur logement. Ici, il y a beaucoup d’isolement. Je travaille en lien avec les habitants, je vais chez eux. On leur propose d’aller à L’Escale à Boissière, un lieu où les gens peuvent prendre un café, discuter. On propose aussi des activités et des sorties. »

« Créer du lien avec les habitants »

Françoise Grellier est également très investie et très présente dans le quartier pour aider les habitants. « Je suis chargée de favoriser les dynamiques et d’animer le café mobile à Boissière et à Bout des Landes. Ça créé du lien avec les habitants. » C’est aussi l’objectif du projet « Parade, Balade et Distorsion », qui invite chacun à participer aux fresques.

Un projet que Brigitte Lechat voit d’un très bon oeil : « c’est un quartier fermé, les gens restent entre eux, c’est très familial. C’est bien qu’il y ait des fresques, ça peut rassembler tout le monde, les anciens et les jeunes. C’est une bonne chose pour eux, ça leur permettra d’avoir une activité. Quant aux anciens, ils pourront se rencontrer et raconter des histoires du quartier. Ça donnera une dynamique. Rassembler tout le monde sur du positif, ça ne peut qu’être bien ! » À suivre à partir du 16 octobre, rue du Honduras.

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