Rencontre avec Isabelle Hermann, animatrice au CSC

 

Isabelle Hermann, animatrice au Centre Socio Culturel du Sillon de Bretagne depuis 1987, connaît bien le Sillon de Bretagne. Rencontre.

Le Sillon de Bretagne, Isabelle Hermann connaît parfaitement bien : elle y travaille depuis 1987, comme animatrice au Centre Socio Culturel (CSC). « J’ai commencé au Sillon de Bretagne, jusqu’en 1995. Puis je suis allée au CSC du bourg de Saint-Herblain pendant 15 ans. J’ai également travaillé à la Maison des Citoyens de Bellevue-Saint-Herblain de 2010 à 2016. Je suis revenue au Sillon il y a un an », raconte t’-elle.

Sa mission ? « L’accompagnement des projets, l’animation globale, le soutien des initiatives des habitants ainsi que les activités de jardinage, de compostage et les ruches. » Isabelle s’occupe en effet particulièrement du jardinage sur une parcelle collective de 17 m2, située au milieu des 44 jardins familiaux, dans le parc de la Savèze : « une dizaine de personnes seulement participent, ce n’est pas encore investi par les habitants. Des animateurs du Centre de loisirs viennent avec de jeunes enfants pour des séances de jardinage d’une heure. C’est très intéressant, mais on n’a pas le temps de faire grand chose. Ce n’est pas assez pour lancer une dynamique collective », estime t-elle.

Un jardin ouvert

Particularité de cette parcelle collective : « c’est le seul jardin ouvert, sans clôture. On a récolté des framboises, des poires, des fraises, des petits pois, des haricots, du maïs, des blettes, des citrouilles, des tomates et des courges. Les gens peuvent se servir, la nourriture est à partager. Mais il y a une pédagogie à faire, par exemple apprendre aux enfants à ne pas cueillir les poires lorsqu’elles ne sont pas mûres. »

Cette activité de jardinage touche actuellement « une population diverse et variée, interculturelle mais très individualiste », observe Isabelle. Pour elle, « il manque la nouvelle génération, plus collective, plus écologique. On n’a pas encore cette population, ça manque pour lancer quelque chose d’intéressant, pour faire un jardin luxuriant. »

L’idée est en effet de « développer » le projet, « de faire participer davantage, de trouver des actions autour du collectif ». Le lancement de composteurs dans le parc de la Savèze en fait partie : « on montre comment faire un compost », résume l’animatrice socio-culturelle, qui souhaite ouvrir cette activité à tous. C’est le cas également pour les deux ruches, installées dans le deuxième Écobox du parc : « c’est un projet de sauvegarde des abeilles et de production de miel mené avec trois habitants du Sillon. Deux se sont formés avec une association spécialisée. On se voit régulièrement. On voit ce qu’il faut faire pour les ruches, pour les entretenir et on récolte du miel. J’accompagne ces projets, j’essaye de trouver et d’apporter des infos sur la préservation des abeilles. »

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Un quartier prioritaire

Le reste du temps, Isabelle travaille avec ses collègues autour des initiatives d’habitants : « tous les mardis, certains participent à un atelier de cuisine, appelé « Marmites du monde ». Il y a aussi « Graines de Café », un espace géré par le CSC. C’est un lieu d’accueil, d’écoute, d’échange sur les initiatives des habitants. Ils organisent des sorties, des ateliers, des démarches autour du bien-être avec de la sophrologie, des massages… C’est un café de paroles, avec des débats sur des thèmes choisis », souligne t-elle. En tout, 607 familles sont inscrites au CSC cette année.

« Lorsque je suis revenue au Sillon, j’ai retrouvé des familles d’il y a 30 ans ! C’est un quartier que j’aime bien. J’y suis revenue avec plaisir malgré les difficultés. Il faut souligner le travail monstre de l’équipe des espaces verts pour maintenir les lieux propres. Après le week-end, il y a beaucoup de choses à réparer. Il y a des coins pas trop tranquilles. C’est un quartier multi-culturel, multi-social. C’est aussi un quartier prioritaire : on a quand même des gens dans des situations sociales un peu difficiles, financièrement très difficiles. C’est un quartier pauvre. Dans certaines cages, il y a énormément de solidarité, les gens se connaissent, se rendent service, mais si on n’habite pas dans la bonne cage d’escalier, ça peut être l’enfer. Il y a des cages où c’est moins humain », explique Isabelle.

Moins d’habitants, plus de bureaux

Pour elle, l’aménagement du parc de la Savèze est « une réussite » : « ça permet à plus de personnes d’y aller, c’est plus ouvert. » Depuis 1987, Isabelle a également vu le quartier se transformer : « il y  a moins d’habitants et plus de bureaux dans la tour. Avant, à partir des logements, on avait accès directement à la galerie commerciale sans passer par l’extérieur. Maintenant c’est le parcours du combattant ! »

De la même façon, elle a assisté aux divers changements dans l’immeuble du Sillon : « il y a eu de nombreuses modifications depuis sa création. Avant il y avait de grands couloirs qui desservaient les étages, les gens se connaissaient davantage. Maintenant, c’est coupé, ce sont des cages à lapins. Les logements ont également été retouchés : il y a plus de petits logements et moins de grands. »

Isabelle rappelle aussi que « le bâtiment a été coupé, pour pouvoir l’ouvrir à l’extérieur » et trouve ça  « plutôt bien ! ». Autant de changements qui visent à améliorer le quartier, pour que chacun y vive mieux !

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